Je pense, aussi, au commentaire de Jerem sur les quais de gare : oui, c'est dur les quais de gare, surtout quand le soleil nous plombe et que tels des mirages, les visages deviennent flous...
Bientôt la séance de dédicaces de "Carnet d'Asies" sur Narbonne... Samedi prochain à 15 heures, 5 juillet, librairie Privat, Narbonne.

Il me reste trois exemplaires de "Carnet d'Asies" que j' adresse bien volontiers à ceux qui ne seront pas des nôtres à Narbonne, samedi prochain. Faites-moi signe. Je n'en garde plus qu'un exemplaire pour ma bibliothèque personnelle. Je n'en veux plus. Mon éditeur se chargera d'en vendre, si "Carnet d'Asies" doit encore se vendre.

Actuellement, je termine les relectures de "Marrakech..." avant que je n'envoie le tout à mon éditeur pour publication prochaine.
Je termine de lire "Les années" de Annie Ernaux : un livre à lire, comme une rétrospective du XX° siècle avec le sentiment de l'auteur que sa vie de femme, d'écrivain et de professeur de Lettres a passé. Tendre et attendrissante Annie Ernaux. Tout le XX° siècle défile dans sa fiction autobiographie, tous ses combats, ses visages aimés et l'on ne peut qu'être ému devant la distanciation de l'auteur qui se voit prendre sa retraite de l'éducation nationale et dans le classement des papiers jaunis de ses premiers cours... Des mots de l'analyse littéraire que déjà elle a oubliés. On oublie vite les mots de la technique littéraire... Nécessaire distanciation avec l'utilisation de la troisième personne et terrible constat de commencer ce XXI° siècle dans une France gouvernée par tout ce contre quoi l'auteur s'est battu durant des décennies entières. Les citations du livre seraient nombreuses; je vous en conseille la lecture, tout simplement. Elle se rappelle de ses amours absolues et toujours l'image de la mère, toujours présente, omniprésente sous la plume vraie, simple et percutante de Annie Ernaux. Un emploi d'un imparfait historique. Elle a passé le XX° siècle, sans voir le temps passer et voit alors sa vie se dissoudre... Nos vies se dissolvent dans celles des autres qui arrivent. Ordre normal des choses, quoi!
Je vais quand même vous offrir mon passage préféré car il me parle et je pense au jour, où moi aussi, je rangerai mes outils de travail et que ma mémoire gardera en tête des milliers de visages, jeunes et un peu plus grands. Cet extrait, je l'offre aussi à Géraldine, l'une de mes collègues-étudiantes-amies avec qui j'ai eu le plus d'affinités depuis le début de ma carrière... Et que je félicite pour sa réussite!
"L'an prochain, elle sera à la retraite. Elle jette déjà les cours, des notes sur des livres et des ouvrages qui lui ont servi à les préparer, se dépouillant de ce qui a été l'emballage de sa vie, comme pour faire place nette à son projet d'écrire, n'ayant plus aucun motif à invoquer pour les repousser".
(...) "sa mise à la retraite, qui avait signifié pendant si longtemps l'extrême limite de son imagination de l'avenir, comme plus tôt la ménopause. Du jour au lendemain les cours rédigés, les notes de lecture pour les préparer n'ont plus servi à rien. Faute d'emploi, le langage savant s'est effacé en elle - obligée, quand elle cherche sans la retrouver la dénomination d'une figure de style, de convenir comme sa mère le faisait à propos d'une fleur dont le nom lui échappait, "je l'ai su"."
Je pense à mon amie Janine qui termine de me joindre pour dire qu'elle jette tous ses cours. L'éducation nationale la remercie. Elle aussi, elle m'a confié vouloir reprendre ses manuscrits et parachever ce que fut la passion de toute sa vie : le théâtre. Dans le métier d'enseignant avec les plus jeunes ou avec les plus âgés des plus jeunes, on ne se voit pas vieillir, l'auditoire nous renvoyant des visages chaque année jeunes...
Un jour viendra où à mon tour, je plierai tout.
J'avais demandé à une de mes lectrices fleurs de m'adresser la photographie de la fleur qui illustrait le mieux sa lecture de "Carnet d'Asies". Je vous l'offre en partage et que Maryse soit ici remerciée et de sa lecture et de son cadeau en fleur.

Bien sûr, Perec me revient en mémoire... Comment pourrait-il en être autrement...
Et comme j'aime la chanson française, la chanson populaire, je vais tenter de vous offrir l'un de ses plus beaux morceaux! Ils sont si nombreux... Je pense "Avec le temps" mais avec l'interprétation de Dalida. Je regrette que l'on n'apprécie pas Dalida pour ce qu'elle fut : une femme sensible, cultivée, écorchée vive, en demande et en don d'amour permanent, fascinée par la psychanalyse. Ses interprétations des textes des autres montrent toute l'intelligence et le finesse de la femme. Pour moi, Dalida est une héroïne pure des tragédies antiques grecques.
Merci pour ces femmes de talent et de cœurs.
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