Bonjour en 2009.
Je voudrais commencer ce billet par un souvenir de Claude Levi-Strauss disant ne pas aimer le monde dans lequel il se mourait.
Je ne l’aime pas trop non plus…
Le monde court à sa perte disait Duras dans « Le camion ». Le monde est dans sa perte… Je dis à mes sensibles.
Vous allez me dire que le moral je n’ai pas. Si, je vais très bien mais il est vrai que ce monde dans lequel nous évoluons, je ne l’aime pas.
Une société de consommation. Je consomme donc je suis. Des histoires d’amour mortes souvent dans l’œuf. Comme je le disais à une amie chère : notre monde n’accorde plus sa place à l’amour. Ce n’est pas un monde de l’amour. C’est un monde du jetable, du portable, des adieux par sms, des : « Je t’aime » par sms ! Dites donc !
Je n’aime pas ce monde-là, de la consommation facile, de ceux qui ne consommant pas sont oubliés sur le bord du chemin. Je n’aime pas ce monde-là, où l’on se dit qu’on s’aime par sms et où l’on se quitte par sms. Facile, pratique, loin des regards des yeux qui parlent de désirs de s’aimer, des yeux qui font que le regard ne peut pas fuir, le regard- le vrai, ne peut pas de lâcheté « cybermatique ».
J’aime les regards de l’amour et je m’écarte de tout ce qui est faux et qui n’est pas beau. Ma quête, c’est le beau. Ma quête, c’est dans le vrai.
Je n’aime pas ce monde-là des objets que l’on jette, le monde des slips jetables et des amours jetables. Je n’aime pas ce monde-là.
Je suis résolument fidèle et je ne suis pas passéiste.
J’aime les humanistes et ceux qui en sont malgré tout.
Vous savez pourquoi je vais si loin, en voyage ? Parce que je retrouve, en l’état, dans certains coins du monde, ce que fut notre France du 19°siècle. Voilà le sens de mes voyages. Il n’en est pas d’autre.
Bien sûr que j’en aime certains d’entre vous et bien sûr que je ne m’endors pas dans des contrées lointaines où les corps sont robustes et endurcis par les vicissitudes météorologiques en parfaite santé car ils n’ont pas oublié leur rapport à la nature. Je pense à toi, Lawrence. La santé du corps ne pourra être pérenne qu’à condition de ne pas avoir perdu nos liens à la nature. Que de vastes débats…
Je ne suis pas parti si loin ces vacances. Je suis parti en Taurize et en Charente avec mon compagnon de vies. Il y avait là-bas du lointain, justement, dans les rues désertes et désertées où pas âme qui vive à Taurize, où les désirs mégalo de ceux qui voulaient anamorphoser Taurize se sont endormis alors même que les membres de la nouvelle municipalité invisibles sont devenus. Les voilà confrontés à la réalité vraie : la réalité économique. Et alors, dans l’obscurité et la solitude des rues désertes de Taurize, le vent a balayé toute velléité d’êtres animés par leur seule vanité. Ceux-là ne nous intéressent pas. Ils ne sont rien. Je me méfie de tous ceux qui prônent la rupture. C’est très à la mode, en politique, mais je ne suis pas à la mode et je n’aime pas les ruptures. Je suis un homme du souvenir.
Pour vous, ces photos de Taurize en neige.
Et pour ce 2009 naissant, ces mots du grand Levi-Strauss :
« Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour-propre ».
En ce début de 2009, je me trouve bavard, à mes délicieux qui me reprochent de ne pas trop me livrer. Je ne vous dis que rien d’autre que le respect !
Je pars bientôt vers Ailleurs, vers ces Ailleurs que j’aime où il y a de l’humanité, de l’humanisme chez des êtres qui n’ont jamais ouvert un livre. Je les aime.
J’étais à Taurize en Noël. La nature est en couleur sombre uniforme mais les journées s’étendent vers la vie. A Taurize, le temps semble s’être figé. Seuls les êtres que j’ai aimés pendant l’enfance ne sont plus là. Ils sont en cimetière. Tiens, il faudrait écrire sur cette société qui cache ses morts, parce que peur de la mort.
Je voulais vous dire que du fond du cœur, je vous souhaite une belle année 2009, je voulais vous remercier de votre fidélité et vous souhaiter le meilleur de ce qu’intimement vous souhaitez.
Belle et lumineuse année 2009 à chacune et à chacun.
Revenez-moi, tranquillement.
Je vous reviens.
Vous voyez…
Chris-Tian.