Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /2008 18:47

"J'ai voyagé quinze ans sans guide, sans références préalables. Aujourd'hui, je m'endors tranquille, serein, parce que j'ai vécu tout cela. C'est uniquement par ce que l'on a découvert seul qu'on peut avoir la sensation de la quiétude."


Gérard Manset, auteur-compositeur-interprète, photographe et écrivain.

Alors, vous savez, je vous l’ai écrit, l’album nouveau de Manset est sorti. J’hésite encore au titre de cet article : Manset au bord du chemin, Manset du bout du chemin ou Manset du bout du monde.


Manset n’aime pas qu’on parle de lui et encore moins de ses textes et de ses musiques.

Une fois de plus, dans cet album, qu’il n’enverra pas au pilon - je le conserve précieusement-, il va avec lucidité au fond des choses, jusqu’au cœur des hommes.

Cet article, je vais l’écrire, cette semaine de vendanges, par bribes, avec quelques mots de Manset, avec de moi aussi et des photos choisies, des photos que d’aucuns ne voudraient voir. On ne montre pas ce qui fait mal à la Chine, par exemple : le déni de la vie et la tristesse.


Je vais montrer ça, dans cet article, un peu. Mon livre « Marrakech » ne tardera pas à sortir mais j’en vois de mes nouveaux amis qui s’intéressent à mon blog, je pense à mon poto-loulou Céd et à ma compagne de mots à maux, Lmvie. Je pense à eux, ceux-là arrivés dans ma blogosphère que très bientôt je serrerai dans mes bras car, Manset, dis, ça fait quand même mal à l’homme, non de plus de tendresse ? De plus d’amour et de plus de générosité ? La connaissance théorique, emmagasinée, empilée, diplômée, « concourisée », on s’en fout. On la retrouve chez ceux-là mêmes qui disent ne pas vouloir trop en jeter à la figure de son prochain. A l’heure où les blogs n’existaient pas, j’en ai croisé de ceux-là sur les bancs de la faculté : toutes choses qu’ils savaient. Que sont-ils devenus ? Je n’en sais rien. J’en croise parfois sur la blogosphère qui théorisent, théorisent et qui en oublient d’aimer. J’ai continué la fac, j’en ai retenu, au-delà des concours et de ce qu’il fallait savoir pour réussir que ce qui m’a intéressé, que ce qui m’intéresse encore. La connaissance, c’est pas ça. La connaissance, c’est le savoir des choses essentielles des hommes. La connaissance, c’est la certitude des énergies dans un voyage jugé irréalisable, au cœur des hommes, chez les Tsaatans, en Mongolie, voilà plus d’un an. Et j’en suis rentré le cœur bridé. Vous vous en souvenez, non ? La connaissance, c’est savoir la générosité. C’est savoir l’amour. C’est donner, la connaissance et c’est savoir que le reste, c’est des textes froids et des images sans âme. Car derrière mon texte, derrière ce « Carnet d’Asies » que j’offre à la lecture de mes nouveaux fidèles, il y a un homme qui sincèrement aime. Sans doute trop sincèrement au point que les autres se disent que ça ne va pas du tout cet amour-là, donné, comme ça, sans a priori de savoir s’il y aura un retour. Les dents, je me les suis cassées mais d’aucuns portent aujourd’hui un dentier.


La connaissance, c’est entendre les cris des hommes en douleur. C’est se dire qu’en Chine, vous savez, on n’anesthésie pas même localement un homme qui vit dans le coma pour vendre son rein pour quelques yuan.

Ceux qui m’ont jugé, que savent-ils de moi ? Pas grand-chose. Puisque ce que je leur ai donné, c’est avec générosité que je le leur ai donnée et mes souffrances et mes silences ils ont dit chut. Voilà, je tenais à le leur dire car ils me lisent, aussi.


Mais moi, ce qui m’intéresse, c’est Lmvie et mon pote-loulou Céd. Et tous ces autres, en liens, sur ce blog. J’aimerais que les blog d’amours se lient et se mélangent.


Manset, tu voyages en solitaire. Je voyage en solitaire. Je ne suis pas heureux quand je pars et je ne suis pas heureux quand je rentre. J’emmagasine pour mes petits-enfants que je n’aurai pas. Alors, j’écris, j’écris. Bien sûr que je repartirai, bien sûr que je vous repartirai.

Vous savez, Manset, il est au bout du chemin de ce que l’homme a fait de pire : la solitude. Il l’a vue, la solitude, il la chante dans des cris déchirants de chansons où la voix un peu fatiguée par les ans n’en finit pas de nous résonner dans les tripes: «  Mais c’est où mais c’est où mais c’est où mais c’est où/ (…) Mais c’est où mais c’est où ce pays…».


On ne sait rien. On sait qu’en Chine, Deng a brisé cet élan d’une jeunesse en manque de liberté et en puissance d’amour et de fraternité. Ils ont muselé cette jeunesse qui maintenant, à mon âge, prête de l’argent aux futurs ex-pays riches, la France.  La Chine prête du fric et l’Inde aussi et le peuple crève.


Bien sûr que je vais repartir. Bien sûr que je vais partir en Inde. Je vous dirai quand, je vous dirai quand. Je vous emporterai.

J’aime l’épure. Je n’aime pas faire long en écriture puisque que je pars  du constat que tout a été écrit et que dans nos vieilles capitales fatiguées rien ne se lit plus.


Alors, avant cette prochaine publication, je ne peux que vous inviter à « Carnet d’Asies » et à Manset au bord du chemin. Manset au bord du chemin, la voix en rupture. Il a vu, le voyageur solitaire. A plus de soixante ans sonnés, tout est prêt pour un concert. Mais pour…quoi… On t’écoute Manset. Oui, on le sait, Gérard que ce pays de cris de misères eh bien, c’est ici.

Avec mon infinie tendresse.


Chris-Tian.

P.S. : Même ceux-là qui ne n’aiment plus, mon cœur s’en souvient et mon cœur les aime encore. Merci Manset.


Par Chris-Tian Vidal - Publié dans : Photographies de mes voyages. - Communauté : Les Cultureux éclectiques
Ecrire un commentaire - Voir les 35 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Chats de race : ANGORA TURC.

Chatterie familiale de Chris-Tian Vidal.
Toulouse.
Chats de race : ANGORA TURC.
Membre de l'AIDAT & du CEAT.


Ellipse et ses soeurs

Présentation

Calendrier

Février 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
             
<< < > >>

Derniers Commentaires

Liens

Acheter

Pour acheter "Carnet d'Asies" que j'ai publié en janvier 2008 aux éditions "PUBLIBOOK", vous pouvez me contacter, je vous adresserai un exemplaire dédicacé.
Vous pouvez acheter le livre chez votre libraire, ISBN : 978 2 7483 4019 8.
Sur la toile,
Vos retours de lecture sont les bienvenus.
"Marrakech..." est à paraître.
Merci.
Chris-Tian Vidal.


Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés