Tout d'abord, au sujet de la solitude, je pense que l'acte de mourir est un acte de solitude exemplaire. La vie est faite de magnifiques instants d'éternités en
partages.
Vivons ensemble des magnifiques instants d'éclairs qui durent... L'acte du vivre ne peut être séparé de celui de la mort et la mort, à mon sens n'est que l' accomplissement de notre vie,
comme le disait Le Président qui a tant humé la mort, cet être si complexe et si amoureux des délices de la vie. Etre complexe et fascinant, tantôt décrié, tantôt vénéré, à ma grande
surprise, par quelques fantoches qui n'ont aucune épaisseur intellectuelle et qui, à cette heure, sont au pouvoir. Des rentiers, en définitive. Certainement pas des penseurs... Oui, des
rentiers...
Comment mourir?
Nous vivons dans un monde que la question effraie et qui s'en détourne. Des civilisations, avant nous, regardaient la mort en face. Elles dessinaient pour la communauté et pour chacun le moment du
passage. Elles donnaient à l'achèvement de sa destinée sa richesse et son sens. Jamais peut-être le rapport à la mort n'aura été si pauvre qu'en ces temps de sècheresse spirituelle où les hommes,
pressés d'exister, paraissent éluder le mystère. Ils ignorent qu'ils tarissent ainsi le goût de vivre d'une source essentielle.
François Mitterrand, préface de " La mort intime" de Marie de Hennezel, dont je vous conseille l'œuvre et la découverte de son parcours de vie.
Aujourd'hui le temps est pluviôse. Il y a quelque chose de baudelairien dans l'air, une espèce de mélancolie. Je reçois des courriels de mes délicieux qui se
demandent si le jour se lève encore... Oui, bien sûr... Le jour se lève encore! Doucement, même l'aube revient quand même... Tu verras étonné, on reprend le corps à corps... Barbara.
Les éditons STOCK ont édité les journaux intimes de Virginia Woolf que je vais commencer à dévorer. J'ai déjà lu nombre des ses journaux. Bien sûr, Virginia nous
fait part des ses horribles migraines - selon la terminologie en cours, les psychiatres qui se pencheraient sur son cas diraient qu'elle est maniaco-dépressive ou souffrant de troubles
bipolaires- mais elle s'est toujours relevée par un processus de construction artistique et une folle curiosité d'aimer, de parcourir un monde, une Europe au bord du désastre, au bord
de la guerre. Chez la jeune Virginia, il y a cet amour de la vie qui ne nous fait pas penser qu'elle pourrait choisir sa mort voulue. Pourtant, très lucide sur l'Histoire , elle envisageait un
suicide à deux avec Léonrad. On me dit que Virginia Woolf n'est guère intéressante, qu'elle ne pouvait vivre sans son "tuteur" Léonard, que son écriture est nombriliste, égotiste... Qu'auraient-ils
fait ceux-là mêmes qui ne connaissent pas l'œuvre de Virginia et qui auraient eu à vivre son homosexualité dans l'Angleterre victorienne d'alors? Elle qui se nommait, avec un humour implacable : la
"vieille fille de Léonard"... Fin de l'une de ses lettres secrètes à sa maîtresse Vita :Et quand vais-je te voir? parce que, comme tu le sais, tu
aimes maintenant plusieurs personnes, des femmes j'entends, physiquement j'entends, mieux, plus souvent, plus charnellement que moi.
J'ai tenté, il y a quelques années de faire lire l'œuvre de Virginia à un auteur contemporain. Il m'a rendu les livres prêtés, remplacés par des fantômes- j'aime
ce substantif pour désigner les livres que l'on prête dans l'une de mes bibliothèques, en me disant, en substance, que ça avait mal vieilli. Ça n'a pas mal vieilli mais lire Virginia demande
une introspection sur sa propre sexualité et je pense que c'est là que la bât blesse pour certains lecteurs.
Dans mes deux précédents blogs, j'avais mis en ligne les citations favorites de l'œuvre de Virginia. Je les ai extraites du petit recueil "Les vagues", avec la traduction de Marguerite
Yourcenar. Je vous conseille d'ailleurs la lecture de la préface de Yourcenar de 1937. Car les expériences de la vie sont incommunicables, et c'est ce
qui cause toute la solitude, toute la tristesse humaine. Sans cesse des étrangers entrent, des gens que nous ne reverrons jamais plus, et dont la familiarité, l'indifférence nous bousculent au
passage, nous donnent le sentiment désagréable d'un monde qui se passe de nous. Nous ne pouvons que sombrer, nous ne pouvons pas oublier nos propres visages. Même moi, qui suis sans visage, moi qui
ne transforme pas les gens quand j'entre dans une chambre... Même moi, je crois flotter sans attaches, incapable de m'ancrer en un lieu ou de prendre appui nulle part, incapable de fournir à ces
gens un mur blanc et lisse contre lequel ils puissent projeter leurs ombres. Je suis pourtant obligé de regarder mes voisins, pour tâcher de faire comme ces gens-là....Tous les excès sont
vains : j'ai en face de moi la moyenne, la médiocrité...si c'est cela la vie, elle ne vaut pas la peine d'être vécue. Et cependant, même le petit restaurant a son rythme. Où est la solution dans
cette continuité?... Où est la fente, par où l'on peut apercevoir l'universel désastre? Nous ne sommes pas simples, comme nos amis le souhaitent pour que nous répondions au besoin qu'ils ont de
nous. et cependant, l'amour est simple. Tout change. tout passe, et la jeunesse, et l'amour. Je n'ai pas le pouvoir de me concilier la bienveillance des gens. J'aime mieux dénoncer une fois pour
toutes ce monde de gens obtus, occupés de rien, lourdement satisfaits d'eux-mêmes.... J'ai en moi une force qui les consumera tous, tant qu'ils sont.
Elle nous parle la douce Virigina, avant de sombrer dans l'eau avec des gros cailloux plein les poches, pour que la lourdeur enfin la délivre du poids.
Mon ASI, le jour est pâle, le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle mais à la fin du jour, il y a le sourire des enfants du delta du Mékong qui, pieds nus, vont à l'école et qui
grâce à tes efforts vont pouvoir rire et jouer dans cette petite île du delta du Mékong, là où a grandi la Duras, tout près de Sadec, pas très loin de My'Tho. Tu m'en parles tous les jours. Nous
irons les voir. Et il y a Sapa, aussi, Sapa. Fleur de Sapa! Nous aimons tous les deux cette même région du globe, là où les moussons engloutissent les récoltes de riz. Là où la mère de la Duras a
acheté ces fichues terres inondables... Au prix de sa santé mentale. La mère- disait Duras, qui continuait à lui envoyer des sacs entiers de riz, lorsque celle-ci avait rejoint la France.
J'écris sur ces terres rouges des sornettes du Mékong et de ses âmes sans domicile qui errent à la recherche d'un de chez les vivants qui voudra bien leur apporter le repos et les embrassera de
tout son être, en offrandes aussi, avant que le temps ne s'en charge.
Va ce monde je te le donne ... Souvent il nous montre les dents...Mais je l'aime comme je t'aime ....Je voudrais tant...Tu en es le vivant poème...Le monde parfois
nous désarme Mais il t'aimera comme tu l'aimes Il t'aimera La vie est un poème Que tu vas écrire toi-même Pars, ce monde va le voir Jamais ne perds l'espoir Va, dans ce monde va te voir Traverse
les miroirs Je sais Je sais que tout le monde a des dents Comme nous, le monde se défend Mais il t'aimera comme tu l'aimes La vie est un long je t'aime Un long je t'aime La vie est un long je
t'aime Dont tu es le vivant poème Le vivant poème Le vivant poème Mon vivant poème... BARBARA.
En partage, un extrait de la magnifique musique de film de "The hours" par Philip Glass.
J’essaie, sans me soucier des rumeurs et des bruits divers, de poursuivre mon modeste cheminement. Sans m’arrêter au triomphe des hommes conquérants, qui, en mimant les dieux, ne croient pas à l'inéluctable de leur propre mort.
On croit, un temps, pouvoir percer les mystères du monde, et on aperçoit en fin de compte que c'est impossible. La vérité est ailleurs. Même si chaque homme sait qu'il va mourir, que tel est son destin, il faut accepter de se dire qu'il n'y a pas d'autres choix et que c'est aussi une chose merveilleuse. Et qu’en attendant, il faut vivre.
Je crois à ce mot des anciens germains : tous les dieux doivent mourir.
:
Un petit site. Un petit livre: "Carnet d'Asies", éditions PUBLIBOOK, janvier 2008. "Marrakech" à paraître. Des visages, des paysages, des voyages, quelques échanges. Et des liens à visiter. Des chats, aussi. Chris-Tian Vidal.
Pour acheter "Carnet d'Asies" que j'ai publié en janvier 2008 aux éditions "PUBLIBOOK", vous pouvez me contacter, je
vous adresserai un exemplaire dédicacé.
Vous pouvez acheter le livre chez votre libraire, ISBN : 978 2 7483 4019 8.
Sur la toile,
On croit, un temps, pouvoir percer les mystères du monde, et on aperçoit en fin de compte que c'est impossible. La vérité est ailleurs. Même si chaque homme sait qu'il va mourir, que tel est son destin, il faut accepter de se dire qu'il n'y a pas d'autres choix et que c'est aussi une chose merveilleuse. Et qu’en attendant, il faut vivre.
Je crois à ce mot des anciens germains : tous les dieux doivent mourir.