Jeudi 3 juillet 2008
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Elles sont parties celles qui m’ont appris le métier. Sur la pointe des pieds, elles m’ont dit
aurevoir, ces jeunes et belles retraitées. Beaucoup d’amertume de voir une génération ainsi « liquidée » et radiée du monde des
« actifs ». Il voulait liquider mai 68, le petit caporal de l’Élysée mais qu’il ne se chagrine pas, le temps s’en charge. Ne les voit-il pas, ce petit usurpateur, les ombres des Grands
qui planent dans son royal palais, bien trop grand pour sa si petite personne… Elles sont parties. Une autre génération est à l’œuvre sociale. Ce qui m’inquiète, c’est que cette génération est
bien plus préoccupée par son pouvoir d’achat et son porte-monnaie que par des élans spontanés de générosité dans les relations humaines et dans la transmission altruiste du savoir. Elles sont
parties et c’est avec beaucoup d’amertume que je salue leur départ car je vais devoir continuer avec ceux de ma génération dans lesquels je ne retrouve pas toujours cette jeunesse du savoir, de
la parole, cette fraîcheur des rendez-vous et cette folie de rencontres avec ses réminiscences « soixante-huitardes ». Elles sont parties. Souriantes et humbles. Elles sont parties,
belles et retraitées. Elles sont parties. Sans se retourner car on ne peut se retourner sur ce qui fut tout un pan de notre Histoire de France avec toutes les illusions qu’elles ont portées.
Comment ne pas penser encore à Annie Ernaux, elle qui porte
si pudiquement le verbe de tout ce que furent leurs illusions. Elles sont parties anonymes mais dans mon cœur et ici, à cet instant, où les êtres n’en peuvent plus de solitudes dans une société coupable d’égoïsme. Elles sont parties et je tenais à leur rendre hommage, anonymes et discrètes, aujourd’hui,
elles qui ont tant crié lors de ce formidable mai 68. Elles sont parties.
Les départs sont toujours par moi vécus comme des petites morts.
Elles sont parties celles qui m’ont appris le métier et qui ne se reconnaissent plus dans ce
que le poste de télévision jette sur les visages fatigués. Elles sont parties, sur la pointe des pieds. Elles sont parties. Et comme m’a dit un autre de mai 68 que la médecine a remercié :
« Christian, on ne s’est pas rendu compte que nos vies avaient passé ». Elles sont parties et j’ai le cœur gros de chagrin mais la mémoire
riche d’enseignements. Hommages à ces femmes à talons, parties sur la pointe des pieds. Elles sont parties celles qui m’ont appris le métier et celles avec qui j’ai grandi. Formidables
enseignements et chance extraordinaire que d’avoir pu vivre, enfant, à l’ombre de ces femmes libres et libérées, dans l’espoir de tous les possibles d’une vie meilleure.
Par Chris-Tian Vidal
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Publié dans : Billets d'humeurs.
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Vendredi 13 juin 2008
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15:54
Mes passions.
-Chris-Tian, je souhaiterais vous offrir des fleurs. Quelles sont vos fleurs préférées?
-Le coquelicot.
-Mais on n'en trouve pas chez les fleuristes!
-Eh bien laissez-les dans les champs!
Mon blog est un véritable bric-à-brac.
J'en conviens.
Je n'en aurai pas assez d'une vie pour aimer tout ce que j'aime. J'irai à Bénarès pour y savoir comment on se réincarne. En coquelicot, je voudrais être réincarné ou en papillon mais ne me mettez
pas dans un vase ou dans du formol, ensuite!
Bric-à-brac de mon blog : mes chansons, mes amours, mes amitiés, mes morts, mes lectures, mes chats, mes écrits, mes Asies, mon Ric et tous les autres qui occupent mes journées et mes nuits.
Mais aussi mes musiques, mes chants, les peintures de ceux qui savent peindre.
Mon éditeur souhaite que j'écrive plus... Il le faut. Dans le livre que je suis en train d'écrire, je n'écris, en moyenne, que deux phrases par semaine. Mon métier? Je l'ai oublié.
Mes morts ne sont pas morts, ils sont disséminés à travers la Terre mais toujours dans mon cœur, ils respirent.
Je n'aime pas les universitaires qui se prennent trop au sérieux. A trop lire Montaigne, ils en ont oublié que, parfois, il fallait enlever les masques. Il nous le dit, pourtant.
Les libraires gays parisiens ne veulent pas de "Carnet d'Asies" car où le
classer? "Vous n'êtes pas un auteur gay", on m'a dit. C'est bien, je suis inclassable, comme tous. Nous sommes des humains. Je déteste les étiquetages.
J'aime, parfois, alimenter ce blog, de manière impersonnelle ou plus personnelle, comme aujourd'hui.
Non, une vie ne suffira pas.
Maryse m'a offert un coquelicot.
Merci, Maryse.
Par Chris-Tian Vidal
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Publié dans : Billets d'humeurs.
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Jeudi 5 juin 2008
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15:58
N'accablez pas les jeunes auteurs!
Un jeune auteur peut bien avoir 90 ans, vous savez!
Pour Isis.G.
Quoi de plus humain que de vouloir être édité et reconnu? La publication d'un ouvrage est un véritable parcours du combattant.
Je pense à ce jeune auteur, Isis G. qui écrit dans le registre littéraire du "médiéval fantastique".
Pour ma part, je ne connais pas bien ce registre littéraire-là.
Il est vrai que c'est surtout l'écriture et la lecture autobiographiques qui m'intéressent mais mes lectures peuvent aussi dépasser ce domaine-là.
Je termine de lire le dernier livre de Marie de Hennezel sur la vieillesse, dans une société où il est de bon ton d'apparaître jeune, beau et en pleine forme... A tous les niveaux et au
niveau politique, notamment. Ce n'est pas pourtant ce que l'on demande à ceux qui font semblant de nous diriger...
L'édition... Un monde terrible où il faut se battre.
Quant aux critiques concernant la dernière publication de Isis G., je ne pense pas que les règlements de compte par blogs interposés soient une bonne chose. Le mieux, pour ce qui concerne la
syntaxe, la ponctuation, l'orthographe, la présentation est de s'adresser directement à l'éditeur et non à l'auteur! Les grandes maisons d'édition ont les moyens financiers de se payer des
grammairiens qui passent à tour de rôle derrière chacune des différentes épreuves.
La lecture des épreuves est un travail ardu et il est nécessaire de prendre de la distance à la lecture des épreuves, non comme si on était l'auteur de ce qui était écrit mais comme si l'on était
un correcteur, tout simplement. Je sais combien "Carnet
d'Asies" m'a coûté en heures de relecture et je remercie de leur aide les services de ma maison d'édition, PUBLIBOOK.
Bientôt, je vais lire les dernières publications de Michel
Giliberti et je reviendrai sur ma lecture.
Dans cette attente, je souhaite à tous de belles "écrivailleries".
Et comme toujours, je vais tenter de trouver une photographie de mes voyages pour illustrer ce billet. Une photographie douce.
Chris-Tian Vidal.
Dans les rues de Moscou, 2006, regard vers le Ciel, chargé de nuages. C-T.V .( Figurez-vous que Moscou, ça peut être, aussi, à
Narbonne...)
Par Chris-Tian Vidal
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