Billets d'humeurs.

Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /2009 15:13

La francophonie…

Que reste-t-il du Français au Vietnam ? De notre langue de Molière ?

Cet article sera un peu plus politique que d’habitude.

Nous avons eu de grands chefs d’État qui maniaient superbement la langue : De Gaulle, quoiqu’une langue un peu trop militaire à mon goût, Pompidou, fin Lettré et bien sûr Mitterrand, langue charnelle et littéraire. La meilleure de tous les vrais Chef d’Etat de la V° République, à mon sens. Amitiés mitterandiennes mises à part. Je dis cela pour avoir travaillé sa prose, dans le cadre de mes activités. Même s’il est un peu long, je vous invite à lire le discours du Président Mitterrand sur la langue française et sur les apports d’autres langues en la nôtre.

Aujourd’hui, on m’a dit que nous n’avions que les dirigeants que nous méritions… On ne peut pas reconnaître à Sarkozy des talents d’orateur, ni de grammairien, ni d’homme de Lettres… Nous ferons sans. Cet homme ne lit pas. Que voulez-vous… Nous n’en trouvons pas trop dans le clan adverse, excepté chez des gens comme les Badinter, Védrine mais qui volontairement sont en retrait de la chose politique.

Pour illustrer ma réflexion sur le Français au Vietnam, je voudrais vous narrer une anecdote. Je logeais dans un hôtel, près de l’église Saint-Joseph, dans le même lieu qu’un couple de franco-Vietnamiens de soixante-treize ans : de jeunes retraités ! Le monsieur, né au Vietnam et toujours de nationalité vietnamienne, ancien universitaire en France, rentre un soir et me dit en substance : « Chris-Tian, j’en ai marre d’entendre parler Anglais ! ». J’en avais marre aussi. Et il rajoute : « C’est la faute à Sarkozy, c’est une honte ce type ! ». Et il me rappelle le dernier somment de la francophonie où « notre » représentant par défaut était resté environ quatre heures… Sarkozy a enterré la langue française. J’en avais aussi assez d’entendre parler anglais avec des accents de partout dans le monde au point qu’à la fin on aurait pu croire que l’Anglais est une langue avec déclinaisons tonales… Bref ! Je réponds à cet ami : « C’est la langue du dollar, du commerce, des devises ! » Nous regrettons le temps des Chefs d’État qui portaient la France, dans leurs veines, comme disait François Mitterrand et dans leur verbe où s’incarnaient leur pensée, leurs idées sur la France, leur idée de la France. Je décidai alors, ainsi j’aurais la paix, de ne plus répondre en Anglais dans la rue. Et quelle ne fut pas la déception des commençants viêt à qui je répondais en Français que je ne comprenais pas l’Anglais et que je ne parlais que Français. Silence de l’interlocuteur, déçu de manquer une vente…

Pour répondre à Henri-Pierre, au Vietnam, il ne reste pas grand chose de notre vieille langue française. Des vestiges… Il n’en reste qu’un souvenir chez les plus âgés de nos amis viêt. Ensuite, certains jeunes, comme Man, ont un Français oral et écrit de très grande qualité mais ils sont rares et le Français ne paye pas m’a-t-on confié…

Bref, je pense que Sarkozy est à l’image de ce que la France est aujourd’hui dans le monde : un vague souvenir de la puissance de sa langue et de sa puissance tout court… Les Viet n’oublient jamais de rendre hommage à Chirac, grand amoureux de l’Asie et du musée d’ethnographie de Hanoï qu’il a d’ailleurs inauguré. C’est vrai que faute de mieux, parfois, je me surprends à regretter Chirac…

Bref, le Français, ce n’est plus ce que c’était et il a été remplacé par l’Anglais. Cependant, je ne peux me résoudre à laisser comme ça notre langue devenir une langue rare. Alors, lisons écrivons, parlons et faisons parler Français.

Merci de votre lecture.

Sur cette photo, ci-bas, je vous présente Bicky, cette jeune dame retraitée que j’ai rencontrée à Hanoï et pour qui je ressens une amitié affectueuse. Bicky est une musicienne. Bicky, c’est l’art d’être en vie et d’être en vie en art. Bicky a failli mourir l’an passé dans un accident et elle m’a dit : « Mais j’ai encore besoin de la musique et la musique a encore besoin de moi ! » Bicky, c’est un rayon de fraîcheur et bien de ceux qui se disent plus jeunes auraient tant besoin de cette fraîcheur. Bicky est au Vietnam jusqu’en juillet 2009. Bon séjour à vous, Bicky !

Chris-Tian.


Par Chris-Tian Vidal - Publié dans : Billets d'humeurs.
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Dimanche 4 janvier 2009 7 04 /01 /2009 17:39

Bonjour en 2009.


Je voudrais commencer ce billet par un souvenir de Claude Levi-Strauss disant ne pas aimer le monde dans lequel il se mourait.

Je ne l’aime pas trop non plus…

Le monde court à sa perte disait Duras dans « Le camion ». Le monde est dans sa perte… Je dis à mes sensibles.

Vous allez me dire que le moral je n’ai pas. Si, je vais très bien mais il est vrai que ce monde dans lequel nous évoluons, je ne l’aime pas.


Une société de consommation. Je consomme donc je suis. Des histoires d’amour mortes souvent dans l’œuf. Comme je le disais à une amie chère : notre monde n’accorde plus sa place à l’amour. Ce n’est pas un monde de l’amour. C’est un monde du jetable, du portable, des adieux par sms, des : «  Je t’aime » par sms ! Dites donc !

Je n’aime pas ce monde-là, de la consommation facile, de ceux qui ne consommant pas sont oubliés sur le bord du chemin. Je n’aime pas ce monde-là, où l’on se dit qu’on s’aime par sms et où l’on se quitte par sms. Facile, pratique, loin des regards des yeux qui parlent de désirs de s’aimer, des yeux qui font que le regard ne peut pas fuir, le regard- le vrai, ne peut pas de lâcheté « cybermatique ».

J’aime les regards de l’amour et je m’écarte de tout ce qui est faux et qui n’est pas beau. Ma quête, c’est le beau. Ma quête, c’est dans le vrai.


Je n’aime pas ce monde-là des objets que l’on jette, le monde des slips jetables et des amours jetables. Je n’aime pas ce monde-là.

Je suis résolument fidèle et je ne suis pas passéiste.

J’aime les humanistes et ceux qui en sont malgré tout.


Vous savez pourquoi je vais si loin, en voyage ? Parce que je retrouve, en l’état, dans certains coins du monde, ce que fut notre France du 19°siècle. Voilà le sens de mes voyages. Il n’en est pas d’autre.

Bien sûr que j’en aime certains d’entre vous et bien sûr que je ne m’endors pas dans des contrées lointaines où les corps sont robustes et endurcis par les vicissitudes météorologiques en parfaite santé car ils n’ont pas oublié leur rapport à la nature. Je pense à toi, Lawrence. La santé du corps ne pourra être pérenne qu’à condition de ne pas avoir perdu nos liens à la nature. Que de vastes débats…

Je ne suis pas parti si loin ces vacances. Je suis parti en Taurize et en Charente avec mon compagnon de vies. Il y avait là-bas du lointain, justement, dans les rues désertes et désertées où pas âme qui vive à Taurize, où les désirs mégalo de ceux qui voulaient anamorphoser Taurize se sont endormis alors même que les membres de la nouvelle municipalité invisibles sont devenus. Les voilà confrontés à la réalité vraie : la réalité économique. Et alors, dans l’obscurité et la solitude des rues désertes de Taurize, le vent a balayé toute velléité d’êtres animés par leur seule vanité. Ceux-là ne nous intéressent pas. Ils ne sont rien. Je me méfie de tous ceux qui prônent la rupture. C’est très à la mode, en politique, mais je ne suis pas à la mode et je n’aime pas les ruptures. Je suis un homme du souvenir.

Pour vous, ces photos de Taurize en neige.


Et pour ce 2009 naissant, ces mots du grand Levi-Strauss :

 « Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour-propre ».

En ce début de 2009, je me trouve bavard, à mes délicieux qui me reprochent de ne pas trop me livrer. Je ne vous dis que rien d’autre que le respect !

Je pars bientôt vers Ailleurs, vers ces Ailleurs que j’aime où il y a de l’humanité, de l’humanisme chez des êtres qui n’ont jamais ouvert un livre. Je les aime.

J’étais à Taurize en Noël. La nature est en couleur sombre uniforme mais les journées s’étendent vers la vie. A Taurize, le temps semble s’être figé. Seuls les êtres que j’ai aimés pendant l’enfance ne sont plus là. Ils sont en cimetière. Tiens, il faudrait écrire sur cette société qui cache ses morts, parce que peur de la mort.


Je voulais vous dire que du fond du cœur, je vous souhaite une belle année 2009, je voulais vous remercier de votre fidélité et vous souhaiter le meilleur de ce qu’intimement vous souhaitez.


Belle et lumineuse année 2009 à chacune et à chacun.


Revenez-moi, tranquillement.

Je vous reviens.

Vous voyez…

Chris-Tian.






Par Chris-Tian Vidal - Publié dans : Billets d'humeurs. - Communauté : Tel est le monde !
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Samedi 19 juillet 2008 6 19 /07 /2008 19:38

 

Il y a quelques temps que je voulais écrire ce petit billet politique et la chaleur caniculaire me laissant me reposer dans la fraîcheur de ma maison, je me mets à l’entreprendre.

Nous vivons une drôle d’époque. Époque voulue et décidée par une majorité de français, il y a plus d’un an. Que sont-ils devenus ceux-là ? Ils ont oublié pour qui ils ont voté…

Je suis toujours triste de voir la pauvreté dans les rues de Toulouse : des jeunes gens mais aussi des moins jeunes, des personnes âgées. Le soir, quand je sors faire ma petite balade de nuit, à nouveau ce vieux monsieur qui fait les poubelles, à l’heure où on ne le voit pas. Il fait les poubelles d’un petit supermarché du quartier. Je passe en faisant semblant de ne rien voir. Indifférence ? Je ne pense pas. Une certaine amertume, sans doute. Une grande impuissance personnelle : oui !

Je pense à Marseille, à ce SAMU social qui n’arrête pas de se promener dans la ville. La mendicité, dans cette grande ville, est multipliée par le nombre de ses habitants eu égard à ceux de Toulouse. Et là, la sollicitation pour quelques euros ne s’arrête pas au coin de l’autre rue, pas même à une terrasse de café. Nulle part. Sinon, il faut entrer chez soir, fermer les fenêtres et ne rien voir. Faire semblant.

Et puis, en parcourant nos villes, je pense à la couverture de « Marianne » : l’argent. L’argent sur toutes les bouches. L’argent qui manque et ce manque qui touche toutes les classes sociales, sauf les plus hautes et l’argent dont on rêve. Il y a un an, se souvient-on du cadeau généreux que le gouvernement a fait aux riches ? Aux vrais riches ! Pas à ceux qui en votant pour le petit caporal se croyaient riches ! Les vrais, ceux qui à nous ne se mêlent pas !

Une amie me disait que le petit caporal avait eu fait vite de rendre la France exsangue. En effet… Et quand je pense que ce bonhomme a été élu grâce aux voix des ouvriers… Terrible mystification… Beaucoup ignorent ce cadeau fiscal de l’été dernier… Nous le payons aujourd’hui…

La pauvreté dans nos rues, la misère intellectuelle aussi. A l’Élysée : pas de livres, pas d’Histoire. Une chanteuse qui sort un disque avec grands renforts de médias. Un petit caporal qui, en voyage officiel, ne cesse de toucher sa dulcinée, comme si c’était la première fois qu’il aimait. Un homme pareil doit pouvoir aimer, alors ! Nous voilà donc rassurés et l’autre chante son amour élyséen... Nous sommes tombés sur la tête. Le général De Gaulle n’a pas à se retourner dans sa tombe puisque le petit caporal s’est définitivement coupé de lui. Mais de qui ce bonhomme se réclame-t-il ?  De lui-même !

Ce petit caporal ne pense qu’à lui-même. Le palais de l’Élysée est son nouveau jouet et il lui faut occuper ses journées en regardant planer les ombres des grands et en écoutant le CD de la poupée Barbie de la République. Une amie qui aimait ses CD avant cet amour sans concession m’a avoué les avoir jetés à la poubelle… J’ai souri… Mais c’est grave car la France se porte mal et les inégalités ne cessent de croître… En parlant d’amour… Souvenons-nous des dernières images du voyage officiel dans les territoires occupés : la poupée Barbie de la République était plus préoccupée, au son des balles, de rejoindre son avion élyséen que son élyséen de mari. Tout d’un coup, elle semblait animée d’un corps qui bougeait, elle qui semble sourire et tendre la main, telle une marionnette, alors qu’elle ne cesse de changer de toilette, par la grâce de nos saintes finances, sans doute ! Qui de Dati ou d’elle est de meilleur conseil en matière vestimentaire et budgétaire…

Bref…

Notre époque résonne comme la fin d’une autre.

Je pense, en cette chaleur, à tous ceux qui se soignent plus ou mal, à tous ceux qui s’alimentent mal, à tous ceux qui souffrent de solitude, à tous ceux qui voient davantage leur porte-monnaie se vider. Et l’album de l’autre ne comblera pas leur souffrance. Donnez-leur de la musique d’amour, petit caporal, ça les calmera… On en vient, même dans les rangs de la gauche, à regretter la présidence Chirac… C’est dire !

Que ceux qui ont voté pour le petit caporal lèvent le doigt ! Seuls quelques uns osent encore le lever…
Tristesse. Tristesse car la France n’est pas gouvernée. La France est un paquebot qui navigue à vue et qui prend l’eau de toute part.

Peu importe l’espion internet du petit caporal. De plus en plus de blogs naissent pour condamner la politique et la personne de ce sale bonhomme.

J’en veux un peu à ceux qui l’ont élu. Qu’avait-on à attendre d’un type pareil qui est aux affaires depuis quelques décennies et qui était maire de Neuilly ? Aux affaires depuis qu’il est tout jeune ! Maire de Neuilly : la messe est dite, non ?

Bien sûr, maintenant, les socialistes tentés de rejoindre le paquebot Titanic-France s’en gardent bien et je pense à Monsieur Lang qui a failli franchir le rubicond. Je me demande comment les autres ex-socialistes peuvent se regarder dans la glace quand par leur présence ils cautionnent une politique économique et socialement régressive et liberticide. Honte à eux !

Ce soir, je ferai ma balade nocturne et peut-être encore ce petit papi fera-t-il les poubelles…

Et la place de la femme ? Bien sûr, il y a Madame Dati qui dépense en frais de bouche et de fringues, comme j’avais vu au ministère de la justice. Je ne sais pas qui dépense autant au palais de l’Élysée mais les dépenses ont sacrément augmenté. Sans doute pas en livres. Superbe bibliothèque pourtant… La place de la femme… J’ai vu, à mon grand effroi, des femmes en « burka » à Marseille… Plus d’yeux de femmes : des grilles à la place. Que ceux qui en votant pour le nabot voulaient faire la chasse aux Arabes se rassurent : ils les a voilées et laisse la place aux intégrismes galopants. Des femmes grillagées en France : ce contre quoi on se bat dans des pays islamistes !

Ce billet me tenait à cœur. Dans quelques mois  le congrès du P.S., dont je ne sais quoi attendre même si, bien sûr, le soleil de là-bas devrait venir si nos intelligences au P.S. savent se ranger derrière un seul homme ou une seule femme, comme en 1971, derrière François Mitterrand.

Je voudrais conclure pour ceux, amnésiques qui ont élu le petit caporal et la débauche à la tête de l’État, plus l’inculture, plus les injustices et la mendicité dans la rue, l’individualisme et les intégrismes, les radicalismes et tout ce qui fait qu’une société implosera d’individualisme et de communautarismes, par cette anecdote. Le Président Mitterrand occupait le Palais de l’Élysée. Un jour, il reçoit la visite de ce petit caporal. Monsieur Attali le fait savoir au Président. Le Président refuse de le recevoir. Alors, le petit caporal dit à Monsieur Attali, en substance : « Un jour, je serai à la place de François Mitterrand ». Pour le petit caporal, l’Élysée est un jouet de riche et la France, lui, on pourrait dire qu’il n’en a qu’une vague idée…  On conclura par ce que disait de lui le Président : « Oui, cet homme-là a du talent mais pour trahir »…

Je continue à croire en de jours meilleurs. Je reste fidèle aux Président Mitterrand et aux femmes et aux hommes de gauche qui croient, encore, avec sincérité et force, en la justice sociale. Ce billet me tenait à cœur. Merci de votre lecture.

 


Par Chris-Tian Vidal - Publié dans : Billets d'humeurs. - Communauté : Les Blogs Sarkostique
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