Je remercie Jack Maudelaire de son amicale compréhension de mon billet précédent : "A peine"...
Oui, je suis en peine, actuellement.
Lourde fatigue, voilée par les conventions sociales et par un sourire d'habitude, comme un code presque obligé !
Lourde fatigue qui m'empêche d'avancer comme avant. Mais reviendra le soleil !
Une fatigue lourde que j'espère passagère et ensuite, vous revenir, pour mieux vous illuminer de ces photos d'un pays que j'aime tant, le Vietnam !
A peine...
Apprendre à se résigner et à bercer nos fatigues !
Prenez soin de vous.
La peine sera de courte durée, disait Desnos, je crois, non ?
Et encore une photographie de ces choses voilées, qui voilent les yeux, à peine perceptibles pour ceux qui ne prennent pas le soin de regarder l'autre. De ces choses voilées qui rendent le regard
plein de larmes mouillé, caché derrière de pudiques volutes d'une brume ignorée qui cache, à peine, le soleil. A peine, seulement....
Et bien sûr, Barbara, pour nous.
Il faut que je corrige "Marrakech...".
Encore une photographie voilée de mon Vietnam 2009.
Je me repose. Entendez avec moi : " Le soleil noir " de Barbara.
J'hésite entre plusieurs versions de la chanson. J'ai envie d'en choisir une de la fin de la carrière de Barbara où la voix était fatiguée et de fatigues en fatigues, notre
délicieuse était emportée, tout doucement, dans les ailleurs de la chanson. J'ai beaucoup de tendresse pour les derniers enregistrements de Barbara même si certains regrettent sa voix
cristalline d'antan ! C'est ainsi. La voix de Barbara dévoile, à peine, ses souffrances endurées et les fatigues d'une vie de femme qui chante ! Qui a chanté !
Pour ne plus, jamais plus, vous parler de la
pluie,
Plus jamais du ciel lourd, jamais des matins
gris,
Je suis sortie des brumes et je me suis
enfuie,
Sous des ciels plus légers, pays de paradis,
Oh, que j'aurais voulu vous ramener, ce soir,
Des mers en furie, des musiques barbares,
Des chants heureux, des rires, qui résonnent
bizarres,
Et vous feraient le bruit d'un heureux
tintamarre,
Des coquillages blancs et des cailloux salés,
Qui roulent sous les vagues, mille fois
ramenés,
Des rouges éclatants, des soleils éclatés,
Dont le feu brûlerait d'éternels étés,
Mais j'ai tout essayé,
J'ai fait semblant de croire,
Et je reviens de loin,
Et mon soleil est noir,
Mais j'ai tout essayé,
Et vous pouvez me croire,
Je reviens fatiguée,
Et j'ai le désespoir,
Légère, si légère, j'allais court vêtue,
Je faisais mon affaire du premier venu,
Et c'était le repos, l'heure de nonchalance,
A bouche que veux-tu, et j'entrais dans la
danse,
J'ai appris le banjo sur des airs de guitare,
J'ai frissonné du dos, j'ai oublié Mozart,
Enfin, j'allais pouvoir enfin vous revenir,
Avec l'œil alangui, vague de souvenirs,
Et j'étais l'ouragan et la rage de vivre,
Et j'étais le torrent et la force de vivre,
J'ai aimé, j'ai brûlé, rattrapé mon retard,
Que la vie était belle et folle mon histoire,
Mais la terre s'est ouverte,
Là-bas, quelque part,
Mais la terre s'est ouverte,
Et le soleil est noir,
Des hommes sont murés,
Tout là-bas, quelque part,
Des hommes sont murés,
Et c'est le désespoir,
J'ai conjuré le sort, j'ai recherché l'oubli,
J'ai refusé la mort, j'ai rejeté l'ennui,
Et j'ai serré les poings pour m'ordonner de
croire,
Que la vie était belle, fascinant le hasard,
Qui me menait ici, ailleurs ou autre part,
Où la fleur était rouge, où le sable était
blond,
Où le bruit de la mer était une chanson,
Oui, le bruit de la mer était une chanson,
Mais un enfant est mort,
Là-bas, quelque part,
Mais un enfant est mort,
Et le soleil est noir,
J'entends le glas qui sonne,
Tout là-bas, quelque part,
J'entends le glas sonner,
Et c'est le désespoir,
Je ne ramène rien, je suis écartelée,
Je vous reviens, ce soir, le cœur égratigné,
Car, de les regarder, de les entendre vivre,
Avec eux, j'ai eu mal, avec eux j'étais ivre,
Je ne ramène rien, je reviens solitaire,
Du bout de ce voyage au-delà des frontières,
Est-il un coin de terre où rien ne se déchire,
Et que faut-il donc faire, pouvez-vous me le
dire,
S'il faut aller plus loin pour effacer vos
larmes,
Et si je pouvais, seule, faire taire les
armes,
Je jure que, demain, je reprends l'aventure,
Pour que cessent, à jamais, toutes ces
déchirures,
Je veux bien essayer,
Et je veux bien y croire,
Mais je suis fatiguée,
Et mon soleil est noir,
Pardon de vous le dire,
Mais je reviens, ce soir,
Le cœur égratigné,
Et j'ai le désespoir,
Le cœur égratigné,
Et j'ai le désespoir,
Le désespoir...
Barbara, « Le soleil noir ».
Vos mots à vous.