Dimanche 18 mai 2008

Les retours de lecture de Carnet d’Asies.

J’aime les retours de lecture de « Carnet d’Asies », écrits à la main. C’est beau une calligraphie, elle parle, sans que l’on connaisse encore le rédacteur, en chair et en os. Peut-être ne le connaîtrons-nous jamais, d’ailleurs.

J’aime les retours de lecture de ceux que l’on n’appelle pas « spécialistes ».

La glose des universitaires… Je n’ai rien contre. Ils manient un langage de critique littéraire, très technique, précis et opportunément employé, souvent.  Ils ont fait de longues études et ce sont des gens respectables. Cependant, parfois leur critique rend l’auteur encore plus hermétique. Ils me pardonneront, j’ai eu l’occasion de le dire de visu à certains et nous en avons bien ri. Du coup, après eux,  nous ne savons pas très bien si nous savons bien lire… Peu importe !

Je pense qu’il faut respecter la lecture de chacun. L’acte de lire est déjà projection, ne serait-ce que par l’appréhension du titre ou de l’appropriation de la couverture du livre dans les mains  du lecteur physique.

De même, quand je connais un auteur que je n’aime pas personnellement, je ne vais pas m’amuser à lire ses publications. Je ne peux. Ca, c’est très personnel. Je sais que certains ont une démarche contraire et sans doute plus ouverte, plus curieuse ou parfois, voyeuriste. Je pense que quand on connaît vraiment, dans le privé, un auteur, les dés sont pipés. De même, il nous est toujours facile -moi, le premier- quand j’étais plus jeune, de lancer : « C’est bien, très bien. C’est nul ! ». Que de formules lapidaires et destructrices, sans tenir compte de l’investissement de l’auteur, si toutefois c’est toujours l’auteur qui écrit et pas l’un de « ses nègres ». Une autre affaire…

Il est facile de céder à la tentation du « C’est nul !». Ca libère quelque chose de très personnel et de narcissique, ça fait du bien, on se dit qu’on a « tué » l’auteur, ce qu’on croit connaître de lui mais à mon sens, on se fait plus de mal à soi-même et on ne tue pas l’auteur ! Comment le tuer par une publication ? Nous sommes là dans un autre domaine qui, aussi, me passionne.

Je voulais, surtout,  vous faire partager ce retour de lecture de Véronique qui j’espère sera lisible sur la toile. Véronique est une femme dont le travail, les actions sont toutes tournées sur l’humain. Véronique travaille dans le milieu médical. Elle entend tous les jours les souffrances et elle a en charge les corps et les âmes qui partent de l’autre côté du rivage, vous savez…

                 











Je remercie Véronique d’avoir pris le temps de sa plume et de m’avoir fait parvenir, via une amie commune, son ressenti de lecture.

Véronique n’est pas critique littéraire. Elle vit et elle lit.

Je vous remercie, Véronique.

Chris-Tian .

par Chris-Tian Vidal publié dans : Mes livres publiés. communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 17 mai 2008
Bonjour,
Duras disait qu'elle s'était construite sur le désespoir. Désespoir de cette enfant pauvre, désespoir de la folie de "la mère" -c'est ainsi que Duras l'appelait, et désespoir de quitter le Vietnam. Il y a eu encore d'autres désespoirs, notamment celui de Joseph Antelme remarqué et secouru, agonisant,  par le Président Mitterrand, dans un camp de concentration. Duras disait qu'on ne pouvait pas écrire sur le bonheur.
La construction de chaque être passe par l'enfance et ce d'avant l'enfance. En cette fin de semaine, après les violents orages de grêle qui se sont abattus sur Toulouse, j'ai envie de partager avec vous, "Mon enfance" de Barbara.
Cliquez donc sur cette rose :

Barbara a ses valises... C'est aussi la clandestine, la juive, cachée, mais déjà aussi, à l'écriture de cette chanson, la maladie inguérissable de l'inceste. On ne peut qu'être attentif au phénomène de la synesthésie qui parcourt la chanson. C'est une chanson simple et ce qu'il lui vaut quelque chose d'universel, comme le permet le talent des artistes qui ne se disent pas des grands. Barbara aimait les arbres à d'autres choses, pour d'aucuns plus importantes.
"J'ai mis mon dos nu à l'ecorce,
L'arbre m'a redonné des forces
Tout comme au temps de mon enfance."
Barbara.
J'illustre ce petit billet que je souhaite léger d'un des arbres de Taurize. J'aime l'arbre et ses racines, la symbolique de l'arbre. Le chêne, l'olivier, le cyprès, parmi tant d'autres.
                 
par Chris-Tian Vidal publié dans : Mes chansons préférées. communauté : Musique et chansons
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Vendredi 16 mai 2008
Un billet à lire absolument, à mon sens.
Oui, c'est ça, aussi, La Chine!
Cliquez donc sur la vignette représentant cette funeste et immense place de rouge-sang.



par Chris-Tian Vidal publié dans : Billets d'humeurs. communauté : Communauté de l'opposition
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Jeudi 15 mai 2008
La baie d'Halong terrestre.
         
Avant de prendre votre jonque pour la baie d'Halong, lieu mythique, n'oubliez pas de faire un petit tour à la baie d'Halong terrestre. Le brouillard y est moins dense et la lumière plus pure encore que sur la baie d'Halong.
Bien entendu, on pourrait regretter le nombre affluent de touristes sur la baie d'Halong mais le lieu vaut tant le détour!  Les paysages vous enveloppent dans des songes et vous voilà hors du temps, l'espace que quelques heures, l'espace de quelques jours.

La baie d'Halong terrestre est sur la route de la baie d'Halong. C'est à Haiphong que vous prendrez la jonque.
    
par Chris-Tian Vidal publié dans : Photographies de mes voyages. communauté : Voyages
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Jeudi 15 mai 2008
Je vous invite à parcourir ce site fort intéressant, avant que vous ne nous preniez votre envol pour le Vietnam.
Cliquez sur votre jonque :



                           

par Chris-Tian Vidal publié dans : Photographies de mes voyages. communauté : Voyages
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Mercredi 14 mai 2008

J’offre ce billet à mon père, André Vidal, maire de Taurize, 1986-2008.

Ce billet comme un hommage à mon père et à notre « pays », Taurize en Val de Dagne, Aude, France.

Il s’agit d’un de nos extraits préférés de l’œuvre de Colette.
         

(...) « J'appartiens à un pays que j'ai quitté. Tu ne peux empêcher qu'à cette heure s'y épanouisse au soleil toute une chevelure embaumée de forêts. Rien ne peut empêcher qu'à cette heure l'herbe profonde y noie le pied des arbres, d'un vert délicieux et apaisant dont mon âme a soif... Viens, toi qui l'ignores, viens que je te dise tout bas : le parfum des bois de mon pays égale la fraise et la rose ! Tu jurerais, quand les taillis de ronces y sont en fleurs qu'un fruit mûrit on ne sait où - là-bas, ici, tout près - un fruit insaisissable qu'on aspire en ouvrant les narines. Tu jurerais, quand l'automne pénètre et meurtrit les feuillages tombés, qu'une pomme trop mûre vient de choir, et tu la cherches et tu la flaires, ici, là-bas, tout près...

 Et si tu passais, en juin, entre les prairies fauchées, à l'heure où la lune ruisselle sur les meules rondes qui sont les dunes de mon pays, tu sentirais, à leur parfum, s'ouvrir ton cœur. Tu fermerais les yeux, avec cette fierté grave dont tu voiles ta volupté, et tu laisserais tomber ta tête, avec un muet soupir... » (...)

Colette in « Les vrilles de la vigne », Œuvres I, Nrf Gallimard.


        

par Chris-Tian Vidal publié dans : Taurize, Aude, Corbières. communauté : Litterature
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Lundi 12 mai 2008
Alexandre est arrivé au Vietnam.
                             
Dans la capitale du Vietnam, Saïgon où l'on sent la présence coloniale française, il y est accueilli par PHUONG. Duras avait du mal à parler de période coloniale, elle préférait le terme colonialiste. Juste à quelques pas de la cathédrale  de Saïgon, avec ses briques rouges toulousaines, se trouve le lycée Jean-Jacques Rousseau où Duras a passé ses deux bacs, avec comme deuxième langue le vietnamien.
Duras, enfant pauvre, jouait avec les vietnamiennes. Pourquoi pauvre? Car sa mère n'était "que" l'institutrice de indigènes, comme on les appelait alors, le plus bas dans l'échelle du fonctionnariat colonialiste. On ne peut s'empêcher, pas très loin de la Poste centrale, d'époque coloniale aussi,  de penser à Cholon et d'y flâner tranquillement...
                                          
C'est effectivement là l'espace de la narration de "L'Amant" de Duras. Il faut s'y perdre dans le quartier chinois de Cholen. Et y rêver un peu, à travers les moustiquaires de saison!
Fichues moussons!
Sur ces quelques phrases de souvenirs avant d'en vivre d'autres sur cette terre tropicale où les moussons ont dû commencer, bon voyage à Alexandre et à son frère, en compagnie de Phuong.
Ramenez-nous de belles photographies et vos impressions de voyage.
Je reviendrai, brièvement, sur le nord Vietnam, dans un prochain billet. Et sur le centre du Vietnam, bien entendu.

                                           

par Chris-Tian Vidal publié dans : Photographies de mes voyages. communauté : Voyages
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Lundi 12 mai 2008
Pour mon ISA-ASI,
On continue,
Le sourire des enfants des rues , ça vaut le coup!
Pour toi ce Vietnam que tu aimes tant! Cette photographie de ces marchés aux odeurs de là-bas qu'on  retrouve dans les plats avec cette papaye verte qui ravit tant mon palais.

                       
par Chris-Tian Vidal publié dans : Billets d'humeurs. communauté : Voyages
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Samedi 10 mai 2008
"L'in-attendu a
lieu

Au creux de la senteur
du vallon
Plus léger
que l'ombre des mélèzes
Plus que le vol
de bourdons, palpable
Soudain
émergé de rien
Voici le pas aérien
de la présence rêvée
Imprimant sa mesure
à la croisée des sentiers

Resteras-tu
Passeras-tu

L'in-attendu a
lieu

Toujours déjà
là"

Le grand François Cheng.

                  
Photographie de Mongolie, été 2007. Région de Hüvsgül. Au-delà des ombres, levez les yeux au Ciel et la tête dans les nuages vivez l'in-attendu. Ce n'est pas délice? Chr-V

par Chris-Tian Vidal publié dans : Photographies de mes voyages. communauté : Litterature
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Jeudi 8 mai 2008
A jardin.
Chair et mystique.
Quelques versets de Paul Claudel, soudainement attiré par Dinoysos. Ce n'est pas ma fascination pour la Chine qui me fait aimer Claudel mais la force de son écriture charnelle dont je t'offre ce bref et bel extrait :
"
Ah, ce soir est à moi! ah, cette grande nuit est à moi! tout le gouffre de la nuit comme la salle illuminée pour la jeune fille à son premier bal!
Elle ne fait que commencer! il sera temps de dormir un autre jour!
Ah, je suis ivre! ah, je suis livré au dieu ! j'entends une voix en moi et la mesure qui s'accélère, le mouvement de la joie,
L'ébranlement de la cohorte Olympique, la marche divinement tempérée!
Que m'importent tous les hommes à présent ! Ce n'est pas pour eux que je suis fait, mais pour le
Transport de cette mesure sacrée !
O le cri de la trompette bouchée ! ô le coup sourd sur la tonne orgiaque! "
  

Une apsara sur le site impérial de Angkor Vat. Cambodge 2007.
par Chris-Tian Vidal publié dans : Photographies de mes voyages. communauté : Litterature
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Fidélité.

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Profil

  • : Chris-Tian Vidal
  • chris-tian-vidal
  • : Homme
  • : Parution de "Carnet d'Asies", éditions PUBLIBOOK, janvier 2008. Prochain livre à paraître: "Marrakech...". Mon petit élevage félidé d'angoras turcs. Mes voyages. Mes passions. Chris-Tian Vidal.

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Ecrire.

"Toute ma vie j'ai écrit.
Comme une andouille, j'ai fait ça.
C'est pas mal non plus d'être comme ça.
Je n'ai jamais été prétentieuse.
(...)
Il se trouve que j'ai du génie.
J'y suis habituée maintenant.
(...)
Venez vite.
Vite, donnez-moi un peu de votre force.
Venez dans mon visage.
Le mot amour existe".

Marguerite Duras.

A Chatounet.


Photographie de Mongolie. 2006. Deux yourtes solitaires
et silencieuses, dans les steppes, attendent les sommeils
en caresses.

  • Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque.
  • L'éclair me dure.
  • Ma toute terre, comme un oiseau changé en fruit dans un arbre éternel, je suis à toi.
  • Le merveilleux chez cet être : toute source,  en lui, donne le jour à un ruisseau. Avec le moindre de ses dons descend une averse de colombes.
René Char.
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